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Peu de news ces derniers temps, car peu de temps libre, peu de moments pour moi, pas de possibilités de me retirer de ce monde aussi obscur. Et pourtant bien des choses ont changé ces derniers jours, voire ces derniers mois. Des choses bien, d’autres moins, des choses merveilleuses, comme des choses affreuses. Beaucoup de rencontres également. Nouveaux collègues, nouveaux amis, nouvelles connaissances.

Et finalement, je me retrouve ici, à Paris à attendre... Attendre quoi ? Que le temps passe. Pourquoi ? Parce que je n’ai rien à faire. La journée est terminée, à l’heure qu’il est, les magasins sont fermés, les gens sont tous rentrés chez eux, je ne suis pas chez moi et je n’ai pas le net. J’ai juste mon ordinateur portable, là où j’écris ces quelques lignes mal rédigées.

Au final, pour parler de quoi ? Je ne sais même pas, j’ai plein de choses qui me prennent la tête et dont je voudrais parler, mais morceaux par morceaux, ça ne veut rien dire. Juste qu’aujourd’hui j’ai passé une journée encore plus horrible que d’habitude. En effet, je viens d’arriver sur Paris, ville de mes rêves il est vrai, mais qui finalement ne me fait pas toujours rêver. Tout d’abord, départ de Bordeaux, je me fais emmener à la gare par Julia. Personne on ne peut plus intéressante et importante mais au sujet de laquelle je n’ai pas envie de partager, pas aujourd’hui du moins. Il fut donc dur de la quitter, de la voir s’éloigner sur le quai. Elle me manque tant... Dans le train, je commence pour une fois le trajet plutôt en forme et motivé et je travaille sur quelques scripts que je dois faire pour les événements à venir, à savoir la sortie de l’ultime tome d’Harry Potter, suivi le lendemain par le bal d’Halloween.

C’est finalement assoupi par un gros manque de sommeil que j’arriverais en début d’après-midi à la gare Montparnasse. Je ne savais pas encore ce qui allait se passer sur le reste de la journée. Je retrouve quelqu’un à la gare, on doit attendre une journaliste. J’ai la tête dans le cul, des kilos d’affaires dans mes sacs avec mon pc, les t-shirts du site, etc... et je dois attendre une journaliste. Oui, vous reconnaissez là l’administrateur de l’ombre, celui qui, caché derrière des lignes de code, reste inconnu. Passant de l’inutile au désagréable, plein de qualifications me sont attribuées. Et pourtant, malgré mon peu de mérite dans les relations humaines, c’est tout de même moi qui continue à côté cette immense machine qui leur sert à tous pour se rencontrer, créer des relations, etc... j’ai nommé poudlard.org. Et pourtant, avec cette journaliste, que je n’avais pas spécialement besoin de voir, j’ai entendu pendant une bonne heure des "Moi-je-moi-je-moi-je" de la personne que j’avais retrouvée à la gare. Ce n’est pas la première fois que cette personne agit comme ça et j’avoue de moins en moins le supporter. Peut-être est-ce dû à un vécu assez ancien déjà avec une personne que je considérais aussi comme un ami et qui finalement m’a complètement rayé de la carte ?

Toujours est-il que j’ai dû le supporter, sans rien dire, et avec le sourire. Finalement, on va prendre le métro, la journaliste descend à Châtelet les Halles, c’est sur notre route, nous partons ensemble. Là, ça devient trop lourd, je finis le trajet en musique. Du moins, j’essaye, car au moindre bouchon dans le métro, je me retrouve à la traîne. Forcément, il est plus compliqué de se déplacer avec une valise à roulette qu’avec un simple petit sac à dos. C’est alors que j’adopte mon mutisme habituel, je m’enferme sur moi-même. Et sur mon iPod.

C’est après avoir de maintes fois entendu dire que finalement on ne servait à rien, que le peu qu’on me demandait je n’étais "pas capable de le faire alors qu’on [me] demande pas grand chose" qui c’est mal passé. C’est dur d’être le responsable d’un événement dont on délègue l’organisation et pour lequel le délégué prend un énorme melon. J’aurais dû m’en douter, on m’avait prévenu, et je l’avais déjà ressenti à plusieurs reprises. Mais je me suis laissé faire. Mais pourquoi ? Par amour peut-être... parce que cette personne, je l’aime énormément, malgré tout le mal qu’elle arrive à me faire sans forcément le ressentir. Parce que même si je la supporte de moins en moins quand je la retrouve, cette personne me manque le reste du temps.

Et encore, je dois dire que ces derniers temps, je n’ai pas trop eu le temps de ressentir un quelconque manque pour qui que ce soit. Mais c’est ainsi. Je pense surtout que je vais donner un nouveau tournant à ma vie, tournant que j’ai déjà amorcé cet été. Je vais continuer ma vie de solitaire en mettant de côté toutes relations amicales pour me consacrer à moi-même. Moi et mon autre moi. Peut-être devrais-je aussi arrêter de m’occuper de ce site sur lequel j’ai passé tant d’années. A vrai dire, pourquoi est-ce que je suis encore là, à m’en occuper. Je n’ai pas la moindre contrepartie, aucun remerciement. Tous les coups durs sont pour moi, parce que j’arrive à les gérer rapidement, mais personne n’aura la prétention de le reconnaitre. C’est vrai qu’en fait j’en ai des retours. J’en ai même des gros retours. A chaque fois que la situation devient réellement dramatique et qu’il faut la gérer au plus vite, dans l’instant. Mais à part ça... Je ne pense plus prendre le même plaisir qu’auparavant à m’investir dans cette communauté où les rares personnes qui restaient motivées pour la remodeler me laisse finalement tomber. Pourquoi est-ce que je ne laisserais pas tomber moi aussi ?

C’est vrai que ce site devient plus une contrainte maintenant pour moi. Une contrainte de temps, une contrainte financière, mais aussi une contrainte sentimentale. Donc peut-être que, vendredi, ce sera la dernière fois que je me connecterais dessus, que ce site que j’ai tant aimé deviendra finalement du passé pour moi. Ce n’est qu’un débat avec moi-même puisque je ne pense pas pénaliser qui que ce soit. Les rares personnes qui se souviennent de mon existence n’ont pas besoin de passer par ce site pour me le rappeler. Je vais tourner la page, tourner huit ans de ma vie.

Après cela, peut-être est-ce que je ne ressentirais plus l’humiliation que je ressens actuellement dès qu’on parle de ce site, de mon travail pour ce site, de ce temple francophone pour les fans d’Harry Potter. De ce fait, je pourrais entamer une nouvelle vie, retrouver d’autres personnes avec qui j’aurais peut-être plus de points communs, une mentalité moins différente. J’ai de plus en plus de mal à supporter les tempéraments des gens qui m’entourent. Que ça soit de l’immaturité, de l’égocentrisme, du snobisme ou tout autre défaut, j’en suis lassé.

Je pense tout de même que ce n’est pas suffisant pour me détacher de l’ancienne vie que je menais et que je mène toujours à l’écriture de ces lignes. Il va falloir que je change d’autres choses, que je change ma vie, que je fasse quelque chose de concret. J’aimerais tellement pouvoir disparaitre de là où je me trouve et pouvoir me retrouver ailleurs, où je ne connais personne, personne ne me connais, personne n’a de préjugé sur personne d’autre, et je recommence tout en oubliant tout mon passé, ou presque.

Déjà je suis en train de perdre une personne que je considérais comme un ami. Une personne que j’ai réellement adorée, et qui, finalement, ne me correspond plus. Je suis au contraire de plus en plus déçu par cette personne. Personne pour qui j’ai toujours voulu être présent pour finalement, encore une fois, ne rien avoir en retour. Toujours donner, ne rien recevoir, c’est une habitude dans mon ancienne vie. Je ne le veux plus. Le sentiment de passer pour un bouche-trou, de bien servir sur les coups durs, les problèmes sentimentaux, mais qui ne sert à rien le reste du temps. Et moi, mes soucis, j’en parle à qui ?

Je suis en train de réaliser que j’ai encore dit beaucoup de choses, peut-être sous l’effet de la colère ou de la tristesse, peut-être de la fatigue. Je vais encore avoir des regrets, m’accuser moi-même. Et pourtant, je ne demande pas grand chose. Juste un peu de reconnaissance. Ce ne sont que des détails, mais des détails qui se cumulent, et de plus en plus vite. Et là, à l’instant, je m’entends demander de prévenir quand je me déciderais à reparler. Je n’ai même pas l’impression que cela serve à quelque chose que je dise honnêtement ce qui se passe puisque de toutes les façons, il va encore réussir à me mettre en porte-à-faux, et je vais m’écraser. Mais pourquoi faut-il toujours écouter les autres parler de leurs problèmes qui sont toujours plus importants que ceux de la Terre entière alors que moi, personne ne m’écoute ! Je ne demande pas grand chose encore une fois ! J’écoute, je suis attentif, j’essaie d’aider... et là, le peu que je demande, c’est déjà trop aux yeux du monde !

Je crois que le mieux pour finir la soirée, c’est que j’aille me coucher, les yeux fermés, il est plus facile de dissimuler les larmes qui coulent sans préavis de temps à autre, et cela permettra probablement de passer plus vite le temps. Croyez-vous réellement que j’en demande trop aux gens que j’aime ? Ou peut-être que j’aime des gens qui eux ne m’aiment pas, je ne choisis pas forcément les bons... Mais on ne choisit pas...