Plus de fondations, plus de repères...
Par Sébastien, dimanche 24 janvier 2010 à 21:58 :: Actualité ::#79
C’est étrange, en regardant les derniers posts de mon blog, on s’aperçoit facilement qu’ils ne sont pas très gais hormis les deux derniers. On peut facilement en déduire qu’il y a toujours quelque chose qui ne va pas dans la vie. Mais c’est également, et surtout, parce que je postes plus les mauvais moments que les bons. Parce que j’ai besoin d’en parler, que je n’ai pas toujours l’oreille attentive dont j’aurais besoin à côté de moi... Alors je poste sur Internet mes problèmes. A tout le monde et personne en même temps.
Là, c’est encore parce que ça ne va pas, que j’ai du mal à me remettre en état, que je poste ici une nouvelle fois. Comme me le disait ma mère cette semaine, "quand tes problèmes t’empêchent de dormir, écris-les, et dors". Là, mes problèmes ne m’empêchent plus vraiment de dormir car la fatigue reprend le dessus. Mais ils m’empêchent de vivre. Du moins, de vivre comme je le pensais.
Cette dernière semaine, semaine de mon anniversaire en plus, a été une des pires de ma vie. Et le pire, c’est que même arrivé le dimanche, c’est pas terminé ! Eh oui, quand deux ans de votre vie se cassent la figure, que d’autres problèmes personnels ou professionnels s’emmêlent, que tout va de travers jusqu’aux doigts que je me coince dans les portes, c’est rarement terminé en fin de semaine.
Depuis mardi soir j’essaie de me sortir d’un enfer omniprésent en tout points. L’après-midi se termine, vers 16h30 au collège, par la réunion parents-professeurs des élèves de troisième. Je dois y retrouver mes parents qui viennent pour ma soeur. Tout heureux de pouvoir leur montrer le nouveau bureau dont j’ai hérité sur place, je demande des nouvelles de ma mère ayant des problèmes de santé. La biopsie du matin n’était pas terrible à première vue même si on attend encore les résultats. Encore un peu d’espoir jusqu’à apprendre le décès en trois jours d’une amie de la famille. Une allemande qui habitait près de chez mes parents, Inge. Une opération habituelle, de la vésicule biliaire, dont elle ne se sortira pas. Une erreur médicale.
C’est un peu touché que je me rends alors à SUPINFO pour une "Epiphanie Party". Les problèmes passent un peu en arrière plan. J’y retrouve Ludo et JB qui me changent les idées. Le soir, on est censés aller au resto tous les deux avec JB. En se quittant à SUPINFO, je lui demande où on se retrouve après avoir ramené Ludo, "à l’appart". En rentrant chez moi, je me prends la claque (morale) la plus monumentale que j’aurais pu imaginer. C’est ce que m’apprendra JB qui me démontera le plus pour la soirée et les jours à venir. Autant dire que le resto pour mon anniversaire fût annulé.
Après m’être forcé à manger, c’est Eric, mon meilleur ami, que tente de me remonter le moral par téléphone. Ce n’est pas facile quand on est descendu aussi bas. Faut dire que les fondations sur lesquelles je vis depuis des années sont fragiles, à cause de problèmes de primaire et collège qui ressurgissent sans cesse depuis des années. Sauf que depuis deux ans j’avais trouvé les pilotis qui me permettaient de m’appuyer un peu. Sauf que là, les pilotis ont été cassés nets en quelques minutes. Eric descendra donc de Paris le lendemain soir après les examens. Finalement, l’alcool me cloua au lit pendant quelques heures avant que je me réveille à 2h.
Ma vie était entrain de s’écrouler. Deux ans venaient d’être résumés en quelques phrases. Je me retrouvais seul, sans amis à proximité, sans appartement d’ici quelques jours,... Avec le recul, je réalise que les amis ne sont pas forcément à côté, mais sont là quand même quand on a besoin d’eux. C’est juste dur d’y croire quand on ne voit quasiment plus personne pendant deux ans hormis ses deux collocs, et que ça va mal avec eux.
Je pensais qu’après ma nuit presque blanche, le moral resterait très bas, mais que les révélations étaient terminées. Le travail au collège s’est d’ailleurs déroulé sans trop de problème. Hormis que j’ai fondu en larmes au milieu du hall, que j’ai pas réussis à bosser,... Ma mère avait même répondu positivement à mon texto du matin lui demandant si elle pouvait me réserver un camion pour déménager le vendredi même. L’après-midi a SUPINFO en revanche fut un fiasco. Il me tardait pourtant d’y retourner pour retrouver Ludo. Il pourrait certainement m’écouter et m’aider. C’était d’ailleurs le cas, seulement, il n’était pas seul. Les problèmes professionnels sont arrivés également à ce moment là. Un projet en retard de trois jours, un autre qui plante complètement pour des raisons inconnues et un responsable très énervé. Malgré tous mes efforts, je n’arrive pas à retenir les larmes à plusieurs reprise dans l’après-midi, ce qui me va une bonne vague de remontrances par mon supérieur. Il considère que je mélange le personnel et le professionnel. Après tout, il a raison. En rentrant sur mon lieu de travail, je dois laisser mes problèmes à la porte. Seulement, c’est trop dur pour le moment, trop frais.
Le soir, en arrivant chez mes parents, ceux-ci me souhaitent un joyeux anniversaire. Ils étaient heureux. J’ai fondu en larmes avant même d’avoir dis bonjour à tout le monde. Toute la journée mon téléphone a sonné pour me souhaiter un bon anniversaire, une merveilleuse journée,... Je n’en pouvais plus. Et ça faisait bien longtemps que mes parents ne m’avaient pas autant écouté pendant l’heure qui suivie pendant laquelle je raconte l’essentiel de mes différents problèmes depuis la veille. Malgré toute l’affection que j’ai pour mes parents, je n’ai que rarement pu leur exposer mes différents problèmes, je n’avais pas toujours l’impression d’être bien écouté ou bien compris. Ce soir là, j’ai tout déballé.
Je ne mange encore rien à ce repas. Le troisième que je loupe. Je lutte contre la fatigue pour aller chercher Eric à la gare. D’ailleurs, je me suis trompé d’heure. J’ai été largué ainsi pendant 3 ou 4 jours à tout oublier, tout mélanger,...
Finalement, je décide, après en avoir parlé avec JB, Eric, Ludo et moi-même de rester dormir chez moi, et non chez mes parents ce soir là. Je dois également tenir ma mère informée le jeudi matin sur la nécessité ou non de maintenir le camion de déménagement pour le vendredi. Le jeudi matin, mes parents m’ont tous les deux téléphoné pour prendre des nouvelles. Ils ont vraiment réalisés que ça n’allait plus. J’annule le camion pour de bon après en avoir parlé avec JB. Par contre, je dois passer ma matinée chez le client du projet qui plante complètement pour lui expliquer le pourquoi du comment. Le moral n’est pas là, les pensées sont ailleurs, la vision est trouble. Cependant, il faut le faire et j’y arrive, presque. Je passerais sur les détails peu glorieux de cette rencontre matinale.
Depuis, le temps passe, avec des hauts et des bas. Surtout des bas. J’ai du mal, mais je vais réussir à surmonter tout cela. Ce n’est pas la première fois que j’ai des soucis et certainement pas la dernière. Aux dernières nouvelles je suis encore dans le même appartement. Je broie toujours du noir, mais j’essaie de convenir à tout le monde. Je cherche un moyen de lié une nouvelle amitié avec ma meilleure amie avec qui ça dérape depuis plusieurs mois, et je me prends la tête sur les raisons, les conséquences et tout le reste, pour mes problèmes qui ne sont pas forcément près à passer.
Je réalise en lisant ce post que tout ce que je peux raconter semble du détail. Tout semble éphémère. Seulement, le fond du problème n’y ai pas. Il est trop dur à avouer. C’est un de mes plus gros, et pourtant je ne peux en parler à grand monde. C’est d’autant plus dur à supporter. Et je pense que le concours de circonstances entre les différents évènements n’a pas aidé. Actuellement, je me réfugie dans le travail pour ne plus penser, j’écris ce post pour me libérer... et je cherche tant bien que mal à réparer ces pilotis qui se sont brisés. C’est dur !
Commentaires
Il y a des moments dans la vie où ça va pas.
J’ai traversé des choses pas simples non plus a une période et j’en ai véritablement chié : les ingrats, les cons, les gens qui veulent te détruire volontairement ou involontairement, le monde en est rempli et quand on se retourne pour tenter de voir si il y a quelqu’un pour nous soutenir, il n’y a pas forcément les gens auquel on pense ou ceux qu’on voulait, qu’on attendait. Ceux qui aurait pu être là et pour lequel on se disait qu’ils seraient les seuls à nous aider. Et même quand on les a, c’est pas forcément suffisant.
La vérité, quand on est dans un moment très très difficile c’est que ce qu’on veut vraiment, on ne l’a jamais. Parce que, comme tu l’as dit, pour la plupart des gens tout ces problèmes sont superficiel à première vue. La souffrance, elle, est ancrée, profonde, presque insondable. on l’a voit cette souffrance mais rare sont ceux qui la comprenne.
Ce que j’ai appris pendant l’année ou je tentais de remonter la pente, avec en ce qui me concerne, toute une tablée d’antidépresseurs, d’anxyolitiques, de somnifère et de psychothérapie, c’est que finalement, si on ne peut pas aller à l’encontre des malheurs de la vie et des connards qui nous pompes l’air, il n’y a qu’une seule façon pour surmonter les choses. Le seul remède c’est soi même.
Alors soit, quand on touche le fond, on a besoin d’un peu de soutien (entourage et médicamenteux pour moi) et j’ai appris une chose essentiel : l’égoïsme. C’est jouissif d’être égoïste et toute les bonnes paroles qui te diront "il faut partager penser aux autres et pas qu’à soit"... c’est de la grosse connerie. Ce qu’on oublie de te dire c’est que la première personne à laquelle il faut penser c’est toi même, ton bien être, ta santé, ta vie. Si toi tu vas pas bien, tu ne peux pas penser aux autres et ils ne faut absolument pas dévaloriser ta propre souffrance en te disant que les autres comptent sur toi, que tu dois faire tel chose avant de penser a ton confort...
Pense donc à toi, à ta vie, à ton bonheur, à te construire, avec le soutien de tes proches puisque tu en a besoin. Si tes problèmes nuisent à ton bonheur, ce n’est pas une bagatelle. Parles-en parce que si ca te touche, ça touchera tes proches. Parce que tes souffrances si profondes soient elles, il faut qu’elles sortent pour qu’on puisse te comprendre. Se sentir compris dans sa douleur, c’est ce qui t’aidera à te relever, à créer tes repères et savoir ce dont tu as besoin pour te relever. Plonger dans le boulot, c’est pas une solution à toute épreuve. La vie c’est pas le boulot ! (Et dieu merci tu t’es déjà débarrassé de Macdo) Cherche donc ce dont à quoi tu rêves... ces petites choses qui pourraient améliorer ton quotidien, ceux qui pourraient t’apaiser, ces petites sources de bonheurs si infime soit elle sont aussi puissante pour ton bonheur que ces "bagatelles" qui te détruise.
Pense à toi. Remonte la pente doucement et surtout dis toi que le seul qui sait comment te rendre heureux c’est toi même alors fais toi plaisir avant tout.
Très sincèrement et avec toute mon amitié.
G.
Je ne sais pas parler "ami". (G. ci dessus pourra témoigner.)
As-tu simplement jamais su scinder le privé et le professionnel ?
T’es-tu déjà écouté, à défaut d’entendre les autres ? T’es-tu déjà estimé autrement que par autrui ?
Et puis, as-tu enfin appris à poser les bonnes questions ? On s’en fou que ce soit à la bonne personne ou au bon moment. Tant que tu les poses.
Tu manquerais probablement moins de réponses.
Pourquoi l’ambiguïté de ton message sur facebook, visible par tes 311 "amis" (laisse moi rire, ça peut-être contagieux. Et comme rire vaudrait un steak, tu boufferai un peu comme ça) mais restreint à "for my friends only" ?
L’écrire ici n’était point suffisant ? Peur d’être trop invisible ? Cette oreille attentive que tu espères, tu ne l’imagine que très extérieure ?
Quel intérêt as-tu à la recherche d’une empathie singulière de l’autre, de cet "ami" ?
D’autant que ton message ne révèle rien de plus que ces bribes de désarroi dont tu as abreuvé ton wall ces derniers jours. Quel est son but réel ?
—
La nécessité d’écrire le fond du problème n’est pas accomplie par cette prose ci. Le rôle d’exutoire ne poindra pas avec ces mots vides qui peuplent ton message.
Que cherchais-tu donc ?
—
Pars en quête des questions nécessaires. Les réponses viendront, peu évidentes parfois.
J’aime bien t’ennuyer, j’ai toujours été là pour ça. Peut-être que tu en vaux la peine.
Rassure-toi, psychiatriquement et criminologiquement, tu es inintéressant.
—
Oh, une dernière chose : les choses ont toujours une raison d’être. Aussi difficile de l’accepter soit-il.
Sache simplement que quoiqu’il puisse se passer, dans un avenir proche - ou moins, quel que soit les dégâts du temps et de la maladie, tu es prêt à l’affronter.
Pour cela, tu as mon respect.
C.T.
omg omg